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PAPDA, VEDEK et ANDAH incitent les associations paysannes et les autorités locales dans des initiatives pour leur environnement.

Posté le 9 janvier 2009 par Ceco

Le 11 et 12 décembre plusieurs associations paysannes se sont rassemblées dans le Sud-Est pour se concerter au Premier Forum sur l’Environnement avec des responsables locaux . L’appel pour cette rencontre avait été lancé par la Plateforme Haïtienne pour un Développement Alternatif (PAPDA), Vive Espoir pour le Développement de Cap Rouge (VEDEK) et l’Association Nationale des Agro-Professionnels Haïtiens (ANDAH). Plusieurs spécialistes dans la matière de l’environnement, l’agriculture et de la démocratie participative ont contribué au Forum. Egalement présent étaient paysans et responsables locaux qui connaissent les problèmes, et trouvent qu’on ne peut plus attendre un état faible et inerte au niveau environnemental. Ensemble les participants ont décidé de prendre des mesures pour protéger leur environnement.

Mise à part les intervenants, 70 participants étaient invités au forum. Un plus grand nombre s’est présenté de bonne heure pour l’inscription le 11 décembre. Beaucoup de paysans se rendent compte des grandes problèmes environnementaux dans le Sud-Est et veulent agir. Comme d’autres régions du pays, cette région est en effet gravement touché par le passage des cyclones fin aout, début septembre. Mais ces cyclones n’auraient jamais faites autant de dégâts si l’environnement aurait été mieux conservé. Les effets les plus destructeurs du manque total d’une politique environnementale, le déboisement et l’érosion, ne peuvent plus rester l’affaire d’un gouvernement qui n’as ni une politique nationale ou régionale établie à ce sujet, ni le courage pour renforcer les collectivités territoriales afin que celles-ci puissent prendre des mesures. Avec leur présence les associations paysannes et les autorités locales ont clairement démontré leur détermination d’intervenir.

(JPG) Pendant les deux jours, trois panels d’intervenants ont fait d’abord une brève analyse de la situation environnementale en Haïti. Ils ont accentué l’importance de coopérer avec les autorités locaux afin de renforcer l’autonomie des Collectivités Territoriales (CT) vis à vis le gouvernement à Port-au-Prince. Car la décentralisation doit dépasser les documents, elle doit être réalisé. Puis les organisateurs ont assisté les participants à se concerter dans des ateliers sur des mesures concrètes. Les associations et les autorités locales étaient incités à former un partenariat afin de pouvoir prendre en main leur futur et celui de leurs enfants. Dans ces circonstances, c’est cette union qui peut changer les choses.

Le problème du déboisement est une des causes principales des problèmes environnementales. Ce déboisement du pays ne date pas de hier. Historiquement, il a commencé déjà avant l’indépendance avec la mise en place des grandes plantations. Aussi le prix que le pays a payé à la France pour la reconnaissance formelle de son indépendance, était en grande partie payé avec les revenus du bois. Mais après ce remboursement à la fin du 19ième siècle, le pays restait pour 60 % couvert de bois. Suit l’invasion Américaine qui continuait l’exploitation et la déforestation du pays. Depuis quelques décennies jusqu’à aujourd’hui, la misère du peuple en est responsable que les derniers forêts, les derniers arbres sont en train de disparaître. Couper un arbre pour le vendre et avoir de l’argent pour envoyer ses enfants à l’école. Couper un arbre pour faire du charbon parce que les moyens pour le gaz ou le kerosène manquent. Couper un arbre pour construire ou réparer un maison qu’on aimerait bien faire en dur si on aurait les moyens. Qui peut reprocher aux parents qu’ils veulent envoyer leurs enfants à l’école, qu’ils veulent les donner à manger et leur faire dormir sous un toit ?

(JPG) Depuis 1982 Haïti n’est plus seulement un état qui ne s’intéresse pas à son peuple, mais est devenu un état faible. Une politique cohérente pour préserver et rétablir l’environnement est nécessaire, mais manque cruellement. Par manque d’investissements dans le secteur agricole, par manque de politique agricole, que faire du business de charbon qui rapporte 9 à 12% du PIB et qui compte environ 400.000 employés en Haïti ? Si un état entreprenant manque, la tentation existe de sauter sur le train des projets étrangers qui travaillent souvent en dehors de cet état. Au lieu d’aider Haïti avec leurs projets importés comme ils le prétendent, en contournant les élus du peuple ils démantèlent davantage le déjà faible appareil d’état. En plus, un projet qui veut prendre soin de l’environnement doit avoir un cadre global. Exactement ce qui fait souvent défaut dans un tel ou tel projet local proposé par une ONG étrangère qui ne demande ni voudrais une cooperation des autorités locales qui se « mêlent dans leurs affaires. ». Malgré que le pouvoir centrale n’as pas une politique cohérente pour l’environnement, les responsables locales ont un rôle important à jouer.

Également invité étaient donc des élus locaux et les maires de Jacmel et de Cayes-Jacmel. Le maire de Jacmel, Monsieur Edo Zenny, n’as pas répondu à l’invitation des organisateurs et n’était pas présent au Forum. Le maire de Cayes-Jacmel, Monsieur Peguito Janvier, qui lui était bel et bien présent toute la journée du 11 décembre, reconnaissait que le niveau local a une responsabilité vis-à-vis l’environnement. La plus grande difficulté, selon M. Janvier, est que dans la décentralisation on a donné des responsabilités aux communes, mais pas de ressources. De fait la décentralisation cause donc une déresponsabilisation du pouvoir central sans que les pouvoirs locaux puissent entreprendre des actions. Le maire de Cayes-Jacmel se posait ouvertement la question où l’argent du contribuable part.

La conclusion des ateliers était de former des comités environnementaux par section communale, et de proposer des initiatives pour l’environnement au niveau des dirigeants locaux. Dans le Deuxième Forum sur l’Environnement, prévu pour février 2009, ces propositions seront évaluées entre les différentes sections. Sous la tutelle de VEDEK avec l’appuie de la PAPDA les paysans vont prendre l’initiative pour s’organiser et agir ensemble avec les dirigeants locaux pour prendre des mesures concrètes afin de pouvoir conserver et rétablir l’environnement. En travaillant ensemble, paysans avec autorités locales, ils prennent également la défense de l’autonomie des Collectivités Territoriales vis-à-vis l’état central.



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