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Réunion du Groupe Consultatif de la Banque Mondiale pour Haïti

Justice Economique nr 3 (1997)

mardi 15 novembre 2005, par Administrateur

Cette réunion s’est tenue du 2 au 4 avril 1997 l’hôtel Ritz Kinam II, Pétion-Ville. Elle regroupé particulièrement les bailleurs de fonds internationaux, des ministres, de grands fonctionnaires haïtiens et quelques organisations non-gouvernementales.

Questionner l’orientation de l’assistance externe ou la capacité d’absorption d’aide du pays ?

Il s’agissait d’emblée de se pencher sur le problème de la capacité du pays à absorber l’aide internationale ; en d’autres termes, questionner la capacité du gouvernement à coordonner cette assistance et à remplir les exigences qui en découlent, en relation au programme d’investissement public. Cet objectif correpond aux préoccupations des bailleurs de fonds internaionaux qui se plaignaient constamment du fait que les résultats initialement escomptés de l’application du programme économique n’ont pas été obtenus. Il fallait donc analyser les contraintes d’ordre interne et externe et proposer des mesures correctives.

De 1994 à jours, les engagements pris par les bailleurs sont estimés à 2 milliards de dollars américains. Mais les injections sont difficiles à réaliser selon les étapes prévues. Par exemple, pour la première moitié de l’année fiscale 1996-1997, 110 millions de dollars US n’ont pas pu être décaissés.

L’inadéquation des différentes structures de programmation et de gestion au sein des Ministères a été une nouvelle fois incriminée comme un des principaux obstacles. Comme avant, l’orientation de l’aide entachée de conditionnalité n’a pas été un instant remise en question. Les organismes publics ont plutôt péché parce qu’ils sont incapables d’élaborer des projets (sous-entendus "selon les moules prescrits"). Et le gouvernement a reconnu qu’il n’a pas de définition précise de politiques et de stratégies de développement tant sur le plan général que sur le plan sectoriel.

D’autres obstacles tels que l’inadaptation des procédures de financement interne et externe, la complexité des procédures de passation de marché et le manque de coordination des actions des partenaires clés, ont été évoqués.

S’il est vrai que les structures de gestion sont surannées, il ne faut surtout pas perdre de vue que l’aide internationale a contribué à les mettre en place et les bailleurs de fonds nont jamais appuyé dans les pays comme le nôtre les gouvernements qui se sont engagés à les chambarder. L’existence de ces structures boîteuses et inefficientes semble même justifier l’apport international et constituer en quelque sorte une de ses conditionnalités !

Plan d’actions global du gouvernement correspondant aux vues des bailleurs de fonds.

Les contraintes identifiées, des plans d’actions secftoriels ainsi qu’un plan d’actions global ont été élaborés. Des actions à court et à moyen termes sont prévues.

A court terme, elles portent sur : le renforcement des unités de programmation daans 6 secteurs prioritaires retenus 9agriculture, environnement, transport, justice, éducaation et santé), des programmes de formation en planification et gestion pour les cadres, la mise sur pied d’un système d’information pour gérer les projets, le renforcement de la loi sur les ONG en vue de leur coordination avec le secteur public et la mise en place d’une Commission pour alléger les procédures financières.

A moyen terme, sont envisagés :

- le renforcement des structures de coordination, de planification et de suivi des activités de développement aux niveaux central et départemental ;
- la formation des cadres et la réforme de l’administration publique
- la promotion de la décentralisation, de projets sur la base de développement départemental ;
- la mise en place de fonds de pré-investissement et d’une banque de projets.

Les solutions techniques sont donc priorisées.

Dans l’ensemble, elles ne paraissent pourtant pas trop nouvelles. Et, il convient de remarqeur qu’aucune action spécifique n’ait été mentionnée pour faire face à l’absence de politiques et de stratégies de développement nationales reconnue comme contrainter durant les travaux de cette rencontre qui a été en fait une opération inscrite dans le programme de suivi des décisions prises par le Groupe Consultatif de Paris en 1995, sous le gouvernement de M. Smarck Michel.