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Rapport sur le développement humain-2006

Au-delà de la rareté : Le pouvoir, la pauvreté et la crise mondiale d’eau.

mardi 6 février 2007, par PAPDA

Un apercu sur le dernier rapport du PNUD sur le Développement humain. C’est un texte de la revue Go-Between traduit de l’anglais par Tanya Merceron. Ce rapport montre que la sauvage polarisation des richesses engendrées par la mondialisation capitaliste ne cesse de s’aggraver

Le rapport de développement humain 2006 de cette année- Au-delà de la rareté : Le pouvoir, la pauvreté et la crise mondiale d’eau, met l’accent sur les relations entre ces trois facteurs et les raisons qui se cachent derrière. Le rapport contient deux parties : la première considère l’eau comme un droit fondamental de l’homme, tandis que le second considère l’eau en tant que moyen de subsistance, tout en notant que l’eau est une « crise silencieuse ». D’autant plus que contrairement aux guerres et désastres naturels, cette crise mondiale ne galvanise pas l’action internationale concertée, a alerté le rapport.

« La distribution d’eau propre, l’élimination des eaux polluées, et l’obtention d’hygiène publique sont trois éléments de base pour le progrès humain », selon le rapport sur le développement humain 2006 (RDH 2006). Mais 1.1 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau, et 2.6 milliards n’ont pas accès à l’hygiène publique. « ‘Ne pas avoir accès à l’eau propre’ est un euphémisme qui veut dire profonde privation. Cela veut dire que les gens marchent plus d’un kilomètre pour arriver au plus proche point d’eau potable, qu’ils recueillent l’eau des tuyaux d’évacuation, des rigoles ou des cours d’eau qui sont peut-être infectés par des éléments pathogènes ou bactéries qui peuvent causer des maladies sévères et la mort. »

Il y a plusieurs thèmes dans le RDH 2006, y compris la crise d’eau et d’hygiène publique ; l’eau pour la consommation humaine ; le déficit d’hygiène publique ; l’eau, la vulnérabilité et les risques dans la gestion des ressources d’eau ; l’eau et l’agriculture ; et la gestion des eaux transfrontalières. Le RDH 2006 souligne que la réalisation des huit (8) objectifs de développement du millénaire (MGDs) dépend beaucoup du renforcement de la gestion d’eau aux niveaux local, national, régional et mondial. Le rapport évalue le coût additionnel total pour accomplir l’objectif du millénaire concernant l’accès à l’eau potable et l’hygiène publique— à être puisé sur le plan interne et internationalement-à environ US 10 milliards de dollars par an, le rapport a également noté que cela représente moins que le coût de cinq jours de dépense militaire mondiale et moins de la moitié de ce que les pays riches dépensent chaque année en eau minérale.

Les gains pour le développement humain seraient immenses, soulignent les auteurs. Le rapport montre que combler ce vide entre les tendances actuelles et les objectifs de développement du millénaire sur l’eau et l’hygiène publique permettrait de sauver la vie de plus d’un million d’enfants dans la prochaine décennie et de faire des bénéfices d’environ 38 milliards de dollars US par an. Les bénéfices pour l’Afrique sub-Saharienne-d’environ 15 milliards de dollars US -représenteraient 60% de ses flux d’aide en 2003.

Après avoir constaté qu’il y a 4,900 enfants morts par jour (1.8 millions d’enfants par an) à cause de la diarrhée qui pourrait être évité par l’accès à l’eau propre et une toilette, le rapport souligne un certains nombre d’urgences que l’on doit considérer. D’abord, faire de l’eau un droit de l’homme-et le penser vraiment « Chaque personne doit avoir au moins 20 litres d’eau potable par jour et les défavorisés doivent l’avoir gratuitement, » dit le rapport, tout en faisant de la plaidoirie pour que tous les gouvernements aillent au-delà de quelques vagues principes constitutionnels afin d’engager des législations pour protéger les droits de l’homme à un ravitaillement en eau sécurisant, accessible et à prix abordable. Deuxièmement, établir des stratégies nationales pour l’eau et l’hygiène publique : les gouvernements doivent viser de dépenser un minimum de 1% du produit intérieur brut (PIB) dans l’eau et l’hygiène publique et améliorer la distribution équitable. Troisièmement, supporter les plans nationaux accompagnés d’aide internationaux accrues : le rapport lance un appel pour un augmentation de 3.4 milliards de dollars US à 4 milliards de dollars US par an, notant que l’assistance au développement est tombée en bonne relation dans la dernière décennie.

Développer un plan d’action global est également crucial pour le succès qui convergerait les efforts internationaux fragmentés afin de mobiliser les ressources et galvaniser l’action politique en mettant fermement l’eau et l’hygiène publique dans l’agenda de développement.

Selon le rapport, il y a de grandes disparités entre le prix que les gens paient pour l’eau et celui bien plus que les défavorisés paient plus pour l’eau potable. Les gens qui vivent dans les quartiers urbains défavorisés paient 5 à 10 fois plus par litre que les gens qui vivent dans les quartiers aisés. En hygiène publique, les deux cinquième (2/5) des ménages les plus défavorisés du monde représentent plus de la moitié du déficit global. De plus, le débat public contre privé sur l’eau n’aide pas les pauvres, plaide le RDH 2006. « Le débat sur les mérites relatives des performances des secteurs public et privé a été une distraction par rapport aux performances inadéquates des fournisseurs publics et privés pour contrecarrer le déficit global d’eau. »

Selon l’indice de développement humain(IDH) du PNUD, délivré en tant qu’une partie du RDH 2006, le fossé entre les plus riches et les plus pauvres pays s’agrandit, tout comme le développement humain en Afrique sub-Saharienne stagne et que le progrès dans d’autres régions s’accélère.

Les statistiques d’IDH révèlent que l’espérance de vie en Afrique sub-Saharienne est plus bas aujourd’hui qu’il ne l’était il y a trois décennies. Dans les 31 pays du bas de la liste, dont 28 font partie de l’Afrique sub-Saharienne, une personne peut espérer vivre seulement 46 ans en moyenne, ou 32 ans de moins que l’espérance de vie moyenne des pays au développement humain avancé, avec 20 ans de réduction due au VIH/SIDA.

Le revenu combiné des 500 personnes les plus riches du monde excède aujourd’hui celui des 146 millions les plus défavorisés. L’un des défis principaux du développement humain, souligne le rapport, est de diminuer la tolérance pour les inégalités extrêmes qui ont caractérisées la globalisation depuis le début des années 90.