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Le conseil de Sécurité contre le Peuple haïtien

mercredi 19 octobre 2011

Dans une conférence de presse, la PAPDA a réagi sur la résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies renouvelant le mandat de la MINUSTAH (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti). Camille CHALMERS, le Directeur Exécutif de la PAPDA, critique cette décision, qu’il qualifie de malheureuse, confirmant une fois de plus le refus de respecter l’autodétermination et la voix du peuple haïtien par les décideurs nationaux qu’internationaux. Il a fait mention du rejet catégorique des troupes de l’ONU en Haïti à travers des mobilisations à répétition dans tout le pays. Il invite également la population a participé à une grande manifestation contre la MINUSTAH ce 19 octobre 2011 à Port-au-Prince, la capitale du pays, et à la Petite-Rivière de l’Artibonite l’épicentre de la propagation du choléra par les soldats Népalais de la MINUSTAH.

Selon le Responsable de la PAPDA, il est impérieux que les occupants laissent le pays parce qu’ils ne font qu’aggraver la crise que connaît le pays depuis des dizaines d’années en faisant référence aux violences multiples exercées par la MINUSTAH sur la population depuis leur arrivée en 2004. Parmi les plus criantes, on peut citer entres autres les meurtres, pendaisons, tueries, répression de manifestations pacifiques, sodomisation, viol massif contre des femmes et des adolescentes, exploitation sexuelle, non-respect des espaces de patrimoine national, violations multiples des prescrits de la Constitution de 1987.

L’Economiste dénonce la scandaleuse culture d’impunité maintenue par l’ONU en faveur des pays impérialistes au détriment des pays du Sud. « La bataille contre la MINUSTAH dans le pays rentre dans une grande mobilisation internationale contre la soumission des Nations Unies au projet et agenda défini par les impérialistes » a martelé le professeur. Il a ajouté que « des milliers d’organisations provenant de plus de quarante-cinq (45) pays et des personnalités scientifiques et artistiques de renommée mondiale comme le prix noble de la paix Adolfo Perez Esquivel et le célèbre écrivain uruguayen Eduardo Galeano se sont clairement prononcés pour un retrait immédiat des troupes de la MINUJSTAH ».

Il a notamment mentionne la grande mobilisation organisée par la Solidarité des Femmes Haïtiennes (SOFA), ce 17 octobre, devant les locaux de la base militaire des casques bleus du Népal qui a joué un rôle déterminant dans l’introduction du choléra en Haïti. Malgré les manœuvres d’intimidation des soldats onusiens plus de 400 personnes ont proclamé leur indignation et leur rejet de la MINUSTAH. Cette initiative a été chaleureusement accueillie par la population de Lascahobas et des environs.

Monsieur Chalmers a signalé que la bataille contre l’occupation du pays doit s’inscrire dans une logique de lutte contre la militarisation du pays et contre la mainmise sur l’économie matérialisée par la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH). Une institution supranationale qui enfonce le pays dans la logique néolibérale qui est responsable de la paupérisation de la majorité de la population haïtienne.

Le professeur Chalmers recommande aux autorités haïtiennes et au Parlement de rejeter toute demande de renouvellement de la CIRH. « Il est inacceptable de renouveler notre confiance a une institution qui a accumule de cuisants échecs » a-t-il encore déclaré. Il complète son intervention en précisant que le rapatriement du levier de la reconstruction d’Haïti passe nécessairement par le retrait immédiat de la MINUSTAH et le rejet systématique de la CIRH. Deux institutions qui sont des ennemis de tout authentique processus menant à une sortie de crise.

Le Directeur Exécutif de la PAPDA ajoute que l’un des objectifs de la mobilisation de la Petite Rivière de l’Artibonite est de dénoncer la responsabilité criminelle des Nations Unies et de l’Etat Hattien dans la propagation du choléra qui est responsable de la mort de plus de six mille cinq cent (6500) de compatriotes selon les chiffres officiels. Les Nations Unies ont violé le principe de précaution et les normes environnementales définies pour l’établissement des camps des casques bleus.

A noté que les mobilisations de la journée du 19 octobre 2011 à Port-au-Prince et dans l’Artibonite ont pour revendications principales :

• le départ immédiat de la MINUSTAH du pays,

• justice et réparation pour les victimes du choléra,

• dédommagement du pays pour les pertes subies par l’économie haïtienne à cause de l’épidémie

• la souveraineté alimentaire du pays,

• la réforme agraire pour que les paysans trouvent de la terre et des outils pour pouvoir cultiver leurs champs,

• la construction des logements sociaux pour la population,

• l’accès à l’eau potable et à des services adéquats d’assainissement