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L’observatoire PMA défend la souveraineté alimentaire

lundi 9 mars 2009, par PAPDA

Dans un document récent, l’Observatoire PMA (LDC Watch) éclaire sa position sur la crise alimentaire dans les Pays Moins Avancés (PMA). Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) avait déjà constaté que 12 des 16 pays qui sont menacés pour la famine sont des PMA. Haïti fait aussi partie de la liste. Camille Chalmers, directeur Exécutif de la PAPDA est un des contributeurs du document.

Le document intitulé "Food Crisis - Defending Food Sovereignty in LDCs : CSO Issues and Concerns" constate que l’approche du libre marché et de l’agro-industrie n’a pas réussi à nourrir ceux touchés par la faim dans les PMA. La nourriture est plutôt considéré comme un article pour commercialiser que comme un bien essentiel à la survie.

Malgré le fait que dans des nombreuses conventions et accords internationaux la nourriture a été défini comme un droit humain de base, les réponses proposées restent frustrant. Globalement, plus que 73 millions de personnes dans 78 pays dépendent de l’aide alimentaire du PAM qui devra réduire les portions cet année si l’organisme n’arrive pas à mobiliser 500 millions de dollars Américains, selon le rapport.

Une variété de facteurs, tels que des politiques promouvant l’agriculture à grande échelle et la dépendance des stocks alimentaires externes, le manque d’investissements dans l’agriculture, le rechauffement climatique, des balances inéquitables dans la commerce et la libéralisation du commerce sont quelques facteurs à l’origine de l’insécurité alimentaire. Ces facteurs ont mené à la crise actuelle qui a forcé un milliard de personnes dans la famine, une réduction drastique de la biodiversité et une déstruction de l’écosystème. C’est un défi pour les PMA de dénoncer les politiques et les pratiques existantes de production, de distribution, de consommation et de restaurer les politiques et droits souveraines afin d’assurer le droit à l’alimentation.

Avec l’actuelle définition, établi par l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), la sécurité alimentaire existe si, à tout moment, tous les gens ont la capacité physique et économique d’accéder à une quantité suffisante de nourriture, de bonne qualité et avec suffisamment d’éléments nutritifs pour remplir leur besoins diétiques et leur préférences alimentaires. Il y a quatre dimensions : la disponibilité, l’accès, la stabilité des stocks et de l’accès, et l’utilisation d’une nourriture sûre et de bonne qualité.

Cet interprétation a causé non seulement une commerce inéquitable en ce qui concerne les importations des produits subventionnés par des pays avancés, mais surtout la déstruction de la production alimentaire nationale. Ce mechanisme commercial a démantelé l’agriculture de subsistance et a accentué la famine dans les PMA.

Pour relancer la production alimentaire nationale et pour défendre la souveraineté alimentaire la société civile des PMA, consultée par l’Observatoire des PMA, suggère :
- de réinvestir dans l’agriculture
- de pourvoir l’accès au crédit pour les petits paysans
- d’assurer l’accès des petits paysans aux ressources, services et des infrastructures à travers une reforme agraire scientifique.
- de garantir la création d’emploi et de créer des opportunités pour fondre des micro-entreprises.
- d’inciter des technologies qui créent de l’emploi pour les gens sans terre.
- d’accroitre l’investissement publique dans la recherche agronome afin d’augmenter la production des petits paysans.
- d’introduire des mechanismes qui pourraient assister les plus pauvres en cas de shocks.
- de reforcer les capacités des services publiques
- de dénoncer le modèle présent de la sécurité alimentaire et de laisser le droit aux pays de définir leur propres pratiques de production et de consommation. Également, l’agriculture doit être exclu des regimes commerciales globales.

L’agriculture en Haïti a connu dans les années 80 et 90 un déclin constant. Depuis les années 90 la production alimentaire par tête a continué à diminuer. Haïti a été transformé d’un net exporteur vers un net importateur des aliments. Aujourd’hui 85% des revenus des exportations sont utilisé pour acheter de la nourriture à l’étranger.

Vous pouvez télécharger le document original en Anglais sur le site de LDC Watch