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L’épidémie de choléra gagne du terrain dans la commune frontalière de Fonds-Verrettes

Par GARR

vendredi 14 octobre 2011, par PAPDA

Source : GARR

La population de Fonds-Verrettes, commune frontalière du département de l’Ouest d’Haïti, fait face à un sérieux problème de choléra. Du début du mois de septembre au 10 octobre 2011, plus de 50 décès ont été enregistrés alors que plus de 530 personnes ont déjà été infectées. Ces chiffres ont été communiqués au GARR par le comité local des Droits Humains du Réseau Frontalier Jeannot Succès (KDMF).

« Il ne se passe un jour sans qu’on enregistre des cas d’infections et de morts dans la commune de Fonds-Verrettes. », déplore Jean Lestin L. Ménès, coordonnateur du KDMF.

Gros cheval et Orianie sont les communautés les plus touchées par l’épidémie. Le bilan se chiffre à 15 morts et 50 personnes infectées à Gros cheval tandis qu’à Orianie, 26 personnes ont succombé à la maladie et 325 autres en souffrent.

Cependant, au Centre ville et dans les autres localités de Fonds-Verrettes, le choléra est aussi présent : 15 cas d’infection et 5 morts ont été signalés au centre ville, 64 cas d’infection à Bois Négresse, 30 cas d’infection à Palmiste Tampé, 7 cas d’infection et 3 morts à Terre froide, 39 cas d’infection et 3 morts à Nan Coma, 1 mort à Troima et 1 cas d’infection à Boucan Chatte.

« Le choléra gagne du terrain dans la commune alors que les conditions sanitaires à Fonds-Verrettes restent très précaires. », souligne le représentant du KDMF. Il existe un seul centre de santé pour une population estimée à plus de 50000 habitants. Il y a aussi une insuffisance de latrines dans la commune. Ajouté à cela, l’eau potable reste un produit de luxe pour la population qui, à ses risques et périls, utilise pour le breuvage et la cuisson, l’eau des marais ou l’eau de pluie conservée dans des citernes.

La capacité d’accueil des deux CTC disponibles dans la commune, l’un à Orianie et l’autre au centre ville, est très limitée et il faut parcourir une longue distance, soit environ 55 Km pour atteindre un centre de traitement à Fonds-Parisien.

L’éloignement des structures sanitaires n’est pas sans conséquence sur le budget des familles. « En temps normal, le coût du trajet jusqu’à Fonds-Parisien variait entre 400 et 600 gourdes, alors qu’il atteint maintenant 2000 et jusqu’à 2500 gourdes pour le transport des malades du choléra. », renseigne le KDMF.

Face à la propagation du choléra qui tend à faire des victimes au quotidien dans les rangs de la population déjà privée de maints services de base, le Comité des Droits Humains de Fonds-Verrettes lance un appel pressant aux autorités concernées, en particulier, le Ministère de la Santé Publique et de la Population, pour renforcer les CTC existants et offrir une aide soutenue en vue de combattre ce fléau à Fonds-Verrettes.

Source : GARR